PRESS – ARCHIVES, paysages urbains

 

    Ce qui doit être vu   n’est pas nécessairement ce  qui a été fait    

                                                                          

Emmanuel Monzon est un peintre. Toutefois, ce qu’il expose sous la forme de tableaux grand format est une illusion, ce qu’il donne à voir et déclare comme une peinture originale n’est qu’une reproduction (le dessin, l’ekta ou le fichier numérique sont gardés par l’artiste).

C’est une sorte de projet industriel ou la production s’arrêterait dès le premier exemplaire. Le processus d’agrandissement utilisé est important. Il magnifie une activité graphique appliquée.pourtant l’effet plastifié perturbe car il témoigne d’un usage industriel de l’image qui la met a distance et introduit l’effet d’une séduction critique.Du coup, ce qui est donné à voir c’est, dans le même temps,un geste de désignation et de réappropriation picturale de quelques signes prégnants qui façonnent notre culture visuelle.Et parce que le support commercial le plus banal est volontairement magnifié par E. Monzon, notre lecture mobilise des registres d’appréciation disjoints qui façonnent une lecture esthétique paradoxalement cohérente et problématique.En effet,si tout est fait pour produire un objet séduisant,à la fois dans le traitement crayonné du sujet et dans le déploiement de procédés d’agrandissement industriels,la culture savante accepte toujours mal l’usage artistique des symboles les plus triviaux (la publicité, la consommation, les enseignes commerciales).E.Monzon actualise ainsi cette position critique qui vise à penser les gestes de production et de réception esthétiques pour en faire des outils d’appréciation de notre environnement visuel : qu’est-ce que l’artiste donne à voir de notre monde et comment le spectateur le perçoit-il ?

 Christophe le François.Critique d’art .Paris 2005

 

 

What may be seen is not necessarily what has been done

 

Emmanuel Monzon is a painter. However, what he exhibits under the form of a large painting format is an illusion, what he provides to see and declares being an original painting is no more than a reproduction. (the drawings, l’ekta or the digital file is kept by the artist)It is like an industrial project where the production stops at the first product sample. The enlargement process utilised is important. It magnifies an applied graphic activity however the plastic effect disturbs since it testifies to an industrial use of the image which puts it remotely and introduces the effect of a critical seduction.

 Hence, what is given to see, at the same time, is a gesture of designation and pictorial re-appropriation of several significant signs which shape our visual culture. And because the most ordinary commercial support is voluntarily magnified by Monzon, our reading mobilises disjoined registers of appreciation which shape an aesthetic paradoxically coherent and problematic reading.

 

 

1m 1.76 m

Indeed, if all is made to produce a tempting object, at the same time within the pencilled treatment of the subject and within the deployment of the industrial process of enlarging, the erudite culture always badly accepts the artistic use of the most common symbols. (advertising, consumption, commercial signage)

Monzon, thus bringing up to date this critical position which aims at thinking about the aesthetic gestures of production and that of reception to make them tools of appreciation of our visual environment : What does the artist provide about our world and how is it perceived?

 Written by Christophe Le François – Art Critique – 2005

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