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                   AUTOPORTRAIT A LA CIBLE

Dans un grand nombre d’œuvres récentes,      Emmanuel Monzon s’est représenté de face, visage dans l’ombre, à coté d’une cible. De part et d’autre de cette image obsédante, un univers de signes, presque toujours les mêmes : écorche technique de voitures, ou d’objets de la vie courante tirés de mode d’emploi, ou bien camera de surveillance, hélicoptères, masque a gaz, produits alimentaires, reproduction d’œuvres d’art d’artistes contemporain (Raynaud, Pascali,  Pollock).

C’est une quête troublante dans laquelle il nous entraîne imperceptiblement. A observer ce visage qui nous regarde sans ciller, on prend part à ses interrogations.

Il a choisi un matériau froid, dénué d’émotion ; plaques émaillées ou carreaux de faïences. Sur ce support original, les images sont sérigraphiées en noir et blanc de façon artisanale, la couleur est parfois présente mais celle-ci apparaît passée, délavée .Ici, pas de trace de matière. Emmanuel Monzon semble s’être retiré, ne pas vouloir s’impliquer. Il brouille les pistes de multiples manières, déforme les objets par agrandissement au point de ne plus pouvoir les identifier. On en retire un sentiment de tension, de chaos. C’est la répétition des signes qui donne du sens.

Mais il ne faut pas non plus en chercher à tout prix. Indéniablement, s’y mêlent une certaine jubilation esthétique et le plaisir de la mystification. Emmanuel Monzon  explore les facettes de sa recherche, tire parti de ses contradictions. Ainsi, nous ne savons jamais vraiment qui, de lui ou de l’objet, mène le jeu .Est-il fasciné par les mécaniques froides qu’il reproduit, ou part-il en croisade contre la société de consommation ? A notre tour d’hésiter. De pièces en pièces, dans un affrontement pacifique, le visage à la cible sourit de notre embarras.

 Sylvie Georgiadès. Galerie FARIS, Paris VII, 1992

 

 

                                      SELF-PORTRAIT NEXT TO THE TARGET

In many recent works, Emmanuel Monzon has shown himself front-facing in a shadow, next to a target. From this haunting image sits a universe of signs, almost always the same: car markings or objects of everyday life derived from manuals or surveillance cameras, helicopters, gas mask, food and reproduction of works of art by contemporary artists (Raynaud, Pascali, Pollock).

 It’s a troubling quest he leads us down imperceptibly. To see this face looking at us without blinking makes you take part in the questioning.

 Monzon has chosen cold material, devoid of emotion, plates or glazed tiles. The images are printed on this original format in black and white in a traditional way with the color sometimes present but washed out. Here, no trace of any material. Emmanuel Monzon seems to have withdrawn, not wanting to get involved.

He tricks the viewer by manipulating the size of the objects and enlarging them to the point of not making them recognizable.

One gets a feeling of tension and chaos. It’s the repetition of signs that makes sense.

 But one must not seek meaning at all costs. Undeniably, Monzon mingles aesthetic pleasure with mystification. He explores facets of his research and leverages its contradictions. Thus, we never know really who, him or the object, leads the game. Is he fascinated by the mechanical aspect of what he reproduces, or is he on a crusade against consumer society? It’s our turn to think about it. From room to room in a peaceful confrontation, the face next to the target smiles in front of our wonderment.

 Sylvie Georgiadis. FARIS Gallery, Paris VII, 1992 

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